Les pays producteurs de café : Amérique centrale et Antilles

Après vous avoir présenté les pays producteurs de café en Afrique, je vais m’attaquer à l’Amérique centrale et aux Antilles.

Considéré comme une activité économique fondatrice de l’Histoire de l’Amérique centrale, car elle a joué un rôle très important dans l’évolution politique, monétaire et sociale, le café a été apporté par les Européens. Les cafés qui y sont produits à juste titre sont réputés autant pour leurs corps que leurs arômes.



Les pays producteurs de café : Amérique centrale et Antilles

Costa Rica

Le Costa Rica dispose de très bonnes conditions pour créer un café d’exception. Le pays possède un haut plateau, un climat doux et tempéré, une décente humidité, un sol riche et volcanique, une certaine stabilité politique axés sur le commerce. Les deux seuls problèmes qui peuvent entraver la production du café sont les cyclones et les tremblements de terre.

Charrette traditionnelle dans une plantation de café.

Au Costa Rica, seul un Arabica lavé et cultivé. Les meilleurs cafés sont généralement ceux qui sont cultivés autour de San José (la capitale) et les villes voisines de Herdia et d’Alajuela. Nous pouvons également citer la région de Tarrazu qui produit quelques excellents cafés. Les grains de café sont classés selon la région (Tarrazu, Dota …) et selon le propriétaire / exploitant.

Le café ainsi extrait est presque à chaque fois très aromatique même si parfois ils manquent un peu de corps. Mais son parfum nous fait vite oublier ce petit détail.

La torréfaction doit être légère avec ce café. Un café trop torréfier est dans ce cas signe d’un vise caché. Si la torréfaction est forte, elle va détruire l’acidité de ce café.

Cuba

À Cuba est cultivé depuis le milieu du XVIIIe siècle un Arabica propre, parfumé, soigneusement traité et classifié. Le café cubain est moins acide que le café produit chez ses voisins, car le pays ne dispose pas hautes altitudes.

Le café cubain est très agréable lorsqu’il est fortement torréfié.

République Dominicaine

Anciennement appelée Hispaniola puis partagée entre la France et l’Espagne en 1697, la République Dominicaine produit depuis le XVIIIe siècle un bon Arabica. Le meilleur cru, réputé pour son acidité et son corps, est cultivé dans le sud-ouest de Barahona. Nous pouvons également cité les cafés Bani et Ocoa qui sont très bon même si moins acidulé que le grand cru. Tous deux proviennent des versants de la pointe sud de la cordillère centrale.

Les grains Cibao sont plus ordinaires. La torréfaction forte accentue les notes aromatiques des cafés Ciao, Bani et Ocoa.

Guadeloupe

La Guadeloupe cultive des petites quantités d’un café qui fut autrefois de renommée internationale qui fut décrite par Philippe Jopin comme « l’un des meilleurs crus du monde […] difficile à remplacer pour les amateurs de grands cafés ».

Guatemala

Le café est la principale culture de ce pays. Cependant, une très grande partie de la population vis encore sous le seul de pauvreté. Les plantations de café sont soit des immenses exploitations soit des petites productions par des fermiers pauvres. Le Guatemala n’a pas encore cherché à remplacer ses anciennes variétés de caféiers, comme le bourbon, par d’autres variétés à haut rendement, mais moins bonnes. Il existe dans ce pays des aides pour encourager les petits exploitants à continuer à produire un café de haute qualité, mais à faible rendement.

Le café guatémaltèque est considéré comme l’un des meilleurs au monde et possèdent tout le même profile gustatif (même s’il varie d’une région à l’autre), à savoir « moyennement à très corsé, parfaitement équilibré, avec une bonne acidité des notes complexes fumées, épicées et chocolatées« . La célèbre cité Guatemala , donna son nom aux plus grands cafés guatémaltèques. La ville de Cobán, évoque un café d’altitude à l’exquise acidité. Il existe plusieurs autres régions de grand cru, mais Huehuetenango, dans l’ouest-est de plus en plus reconnu pour l’acidité et les parfums uniques.

Haïti

Sac de café en grain d’une production haïtienne. In contenait de l’Arabica de variété Typica.

Lors du partage d’Hispaniola en 1697, la France reçut Haïti. Après son émancipation en 1804 suivirent 2 siècles d’instabilité politique. Ce pays est pauvre et son économie dépend énormément du café. Malheureusement la classification du café est compliquée, car les grains de café sont classés par leurs tailles, l’altitude, la qualité gustative, les fèves défectueuses ou qui possèdent des cailloux ….

Les vieux caféiers qui poussent presque à l’état sauvage, produit encore de belles fèves bleutées de la variété Typica. Celles-ci sont généralement traitées à sec par les paysans eux-mêmes. 

La torréfaction adaptée est généralement de type moyenne. Les cafés haïtiens sont biologiquement purs (les engrais, pesticides et fongicides étant trop dispendieux). Leurs cafés sont légers, douceâtres, à un corps dense, et à une faible acidité. L’une des références est le café SHG.

Honduras

Producteur d’un bon Arabica lavé, doté d’un agréable parfum et d’une bonne acidité malgré un léger manque de corps, il est de grande qualité et agréable en mélange.

Jamaïque

Producteur d’un célèbres Blue Mountain, la Jamaïque le cultive à l’extrême pointe orientale de l’île. La production est tenue par seulement trois maisons. Nous y retrouvons plusieurs appellations : « High Mountain Suprem » et « Prime Washed Jamaica » (qui ne sont pas du tout des cafés Blue Mountain (JBM) qui lui est commercialisé en fût.

Un fut de Blue Mountain de Jamaïque

L’ensemble des cafés exportés sont garantis par le « Coffee Industry Board ». Cependant, les consommateurs ne sont pas à l’abri de fraudes. Car quand on nous vend des sachets torréfiés il est difficile de voir si ce dernier provient d’un fut d’origine JBM ou alors d’un Blue Mountain issus d’une autre région du monde. En vérité ils en vendent plus que ce que peut produire la région.



Le Blue Mountain est un café de qualité supérieure qui est sujet aux mêmes soucis écologique que les autres cafés (c’est-à-dire que parfois les récoltes sont mauvaises). Une bonne récolte nous donne une tasse équilibrée, au goût noisette, à l’acidité forte, mais non dominante. La saveur est propre et intéressante. Malgré tout le corps est un peu faible obligeant les gens qui aiment le café corsé à augmenter la dose. Une récolte inférieure (d’autant que ces dernières années ont connu une surproduction et sans doute un traitement moins soigneux), peut être tout à fait décevantes et aisément dépassée par un café costaricain, guatémaltèque ou même cubain.

Martinique

C’est en Martinique qu’a été planté en 1720, par le capitaine Gabriel de Clieu, le caféier issu de la serre royale de Louis XIV. Ce fut le premier spécimen de caféier à avoir pénétré cet hémisphère.

Aujourd’hui, le café a pratiquement totalement quitté la Martinique.

Mexique

Le Mexique est cultivateur de plusieurs Arabicas de qualité moyenne, essentiellement lavé. Certaines variétés poussent en altitude proposant des goûts intéressants.

L’État de Veracruz, la région de Coatepec produit un excellent Altura caractérisé par un corps léger. Oaxaca, l’État situé à l’extrême sud-ouest donne son nom à de bons cafés, dont l’Oaxaca Pluma. Chiapas, cultive de grandes qualités de bons Arabicas commercialisés sous le nom de Tapachla. 

Nicaragua

Tous les cafés produits sont des Arabicas traités par voie humide. Matagalpa et Jinotega, deux villes voisines, produisent le meilleur café du pays. La version locale de la variété Maragogype présente les fèves de café les plus grosses du monde.

Panamá

Les régions de Chirique et Tôles produisent des Arabicas lavés d’altitude d’assez bonne qualité. Le « Café Volcan Barù » (un café gastronomique) est issu de la même région. Les principaux acheteurs sont les Français et les Scandinaves.

Porto Rico

Reconnu pour sa production des meilleurs crus du monde, Porto Rico est fournisseur du Vatican jusqu’en 1968. Par la suite ils ont arrêté d’exporter du café, car ils devaient en importer (la production locale n’était pas suffisante au pays).

Finalement avec des nouvelles loi américaines sur le salaire minimum, la production du café cessa pratiquement (car ils ne pouvaient plus payer le salaire demandé). Seul des petits exploitants qui se sont associés en coopératives. Ils produisent du café de grande qualité qualifiée de grand cru. 

Salvador

Le pays dépend énormément de la production de son Arabicas pour son économie. Pipil est le nom d’un excellent café biologique. 

Trinité et Tobago

Ce sont deux petites îles qui cultivent du Robusta en petite quantité essentiellement pour produire du café soluble.



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4 comments Add yours
  1. C’est rigolo car d’un coup le café blue Mountain de Jamaïque devient moins intéressant (s’ils vendent plus qu’ils ne produisent). J’ai lu quelques part que la quasi totalité de leurs production part pour le Japon. Mais les choses ont probablement changé avec les événements de ces dernières années.
    Le café de Haïti semble intéressant pour son côté écologique. Sais tu ou l’on peut le tester / l’acheter ?

    À bientôt

    1. Bonjour TomTom, tu peux trouver du café haïtien relativement facilement sur internet. Bien souvent ce sont des sites internets qui vendent du café issue du commerce équitable. Si tu en test, n’hésite pas à nous donner ton avis =)

  2. Article vraiment intéressant. Il est vrai qu’en Amérique du Sud et central il y à vraiment des superbes cafés.
    A bientôt 🙂

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