Kinu M47, un premier retour d’utilisation

Vous le savez surement, bien moudre le café est un facteur très important pour la réalisation d’un bon café expresso. Jusqu’à maintenant, j’utilisais un petit moulin à café le Porlex Mini. Il possède une meule conique en céramique d’assez bonne qualité et nous le trouvons dans les premier prix.

Cependant, je sentais que ce moulin était LE facteur limitant dans mes cafés. Pour cette raison, j’ai fini par casser ma tirelire et investir dans un moulin manuel haute gamme : le Kinu M47.

Kinu est une petite entreprise allemande qui a 25 ans d’expérience dans la création de moulins à épices et à cafés. Ils travaillent pour différentes grandes marques. Et, pour les 25 ans de leur société, ils ont décidé de créer leurs propre moulins à café : les Kinu. Je dis « les » car il existe le Kinu le M47 et le M68. Chaque chiffres désigne le diamètre en millimètre de la meule. Ainsi le Kinu M47 que je vais vous présenter dispose d’une meule conique de 47 mm de diamètre.

J’ai longuement hésité entre différents moulins à café manuels (el comandante C40, le Helor 101…). J’ai fini par sélectionner Kinu pour des critères qui me sont personnels et qui répondent à mon utilisation.

En plus de son aspect esthétique que je trouve personnellement très beau, on y trouve une grande mécanique de précision mais également quelques petites « particularités » qu’on ne retrouve pas chez les moulins concurrents. Ce sont des particularités qui pour moi ont fait la différence.

Le kinu dispose de 4 petits aimants qui permettent de maintenir le récipient en place. Et je peux vous assurer que cela tient bien et ne se décroche pas pendant l’utilisation. Le petit récipient en dessous se place facilement et rapidement de façon très solide.

Le constructeur du moulin m’a indiqué cet astuce :

D’autre part, lorsque l’on moud du café, l’électricité statique a tendance à coller le café moulu sur la sortie de la meule ou le récipient. Il faut secouer ou taper avec le moulin sur la table pour les décrocher. Certains rajoutent quelques gouttes d’eau sur les grains avant pour limiter la “statique”.

Avec le M47, rien de tout ça !

À la fin de l’exercice, il suffit de tourner le recipient sur lui-meme, au moins 1/2 tour, poser le moulin sur la table et tenir le recipient avec une main, alors qu’avec l’autre on soulève énergiquement le moulin pour ouvrir.



En tournant le recipient, les supports des aimants, qui se trouvent presque a fleur des meules, nettoient les grains mécaniquement, ensuite avec l’ouverture rapide (énergique) en soulevant le moulin on crée un vide qui finit de nettoyer les éventuels débris de meulage sans pour autant en jeter partout car le recipient resté fixe sur la table. À ce point, nous avons vraiment en notre possession un moulin à café, “zero retention”, qui est le but initial de tout moulin mono-dose. On peut faire chaque fois un café different sans que le goût soit altérer par le café moulu avant.

Cependant, je préfère ajouter quelques gouttes d’eau dans mon café en grains. Je trouve que j’ai moins de rétention de cette façon par rapport à leurs astuces. Cela n’explique probablement du fait que j’habite dans un endroit extrêmement sec, propice à une grande quantité d’électricité statique.

Un autre critère qui était important pour moi : le diamètre du récipient. J’utilise un filtre de 51 mm sur la La Pavoni. Il m’était donc important d’avoir un diamètre légèrement inférieur à 51 mm pour le récipient. De cette façon il devient beaucoup plus facile de verser le café moulu dans le filtre. Globalement toutes les marques que je connais ont des récipients dont le diamètre est inférieur à 51 mm sauf pour les moulins à café « el commandant ».

En plus il y a un petit coussin anti-dérapent à la base. Malgré sa couleur noir, le récipient n’est pas en plastique mais en métal.

Détail du repose pouce qui permet un confort d’utilisation non négligeable

Il y a un système qui permet de caler le pouce. Il est réellement pratique car moudre du café nécessite une certaine force. Sans le « cale pouce », il faudrait serrer très fort le moulin avec la main pour le bloquer. Cette aide est un réel apport pour un confort d’utilisation.

Par ailleurs J’ai fait cette modification sur mon précédent moulin, le Porlex. J’y avais collé une sorte de bouchon pour en faciliter son utilisation.

La meule est en acier « Black Fusion treatment »

Concernant la vitesse de broyage, le kinu est plus rapide que le Porlex (alors que les deux ont des meules de même diamètre). Pour 16 g de café, pour un café moulu quand même très fin (ma machine à café est une La Pavoni à levier), je le moud en environ 35 secondes. Les réglages pour cette quantité sont 1:6.1 (un tours complet en partant du plus serré jusqu’à la position 6,1). Et surtout, le meulage est très très régulier et répond aux exigences que nous avons pour un moulin de cette gamme de prix. Chose intéressante, le haut du moulin a une forme bien pensé qui ressemble à une sorte d’entonnoir qui permet d’y ajouter du café facilement, sans en mettre partout.



Nous noterez que le haut du moulin reste ouvert (contrairement à la plupart des moulin à café manuel qui auront le haut fermé avec un bouchon). Ce point m’avait fait hésité car j’avais peur qu’il y ait des projections de café qui se répandent partout (les grains éclatent quand ils sont moulu). Je peux vous assurer que ce n’est pas le cas : je n’ai pas vu de grain de café projeté en dehors du moulin par cette ouverture. De plus, de par cette conception, le moulin garde la manivelle d’attachée tout le temps. C’est peut être anecdotique mais j’aime bien car cela rend le moulin utilisable immédiatement.

Le Kinu M47 est facile à démonter (il se démonte en 1 minute environ) pour pouvoir le nettoyer. Dans la boite ils fournissent une sorte de tige qui permet de détacher les roulements à billes. ll y a 4, en acier, réparti sur 2 supports.

Mise à jour : J’avais contacté le constructeur de ce moulin à café pour leurs demander des information concernant le démontage. Ils m’ont expliqué que pour le nettoyer il n’était pas nécessaire de le démonter intégralement tel que je l’avais fais.

Vous pouvez visualiser comment démonter le moulin dans la vidéo ci-dessous.

J’ai moi même procédé au démontage avec celui que je me suis acheté.

Les éléments de base du moulin. L’acier utilisé pour la meule est l’un des acier les plus dur qui existe (j’ai été vérifier). Vous pouvez trouver tout les éléments sur le site de Kinu (dont le lien est disponible en fin de page)
Les deux supports qui permettent de maintenir l’axe en place. Ils ont deux roulants à billes chacun

Petite précision concernant le remontage du moulin, il ne faut pas hésiter à bien foncer les éléments. Cela joue sur la précision du moulin car même au réglage « zéro » les meules ne doivent pas se toucher. Si les éléments sont bien enfoncés, vous aurez une bonne répétabilité des réglages d’un démontage à l’autre.

Comme nous pouvons nous l’attendre avec un moulin de cette catégorie, le café moulu est très très régulier. Bien plus qu’avec le Porlex. Quand je compare le gout de mon café entre le Porlex et le Kinu, la différence est flagrante. C’est comme si j’ouvre des portes qui me laisse explorer de nouvelles saveurs.

Chose intéressante : en plus du manuel d’utilisation, Kinu nous envoi à l’achat du moulin une fiche imprimé (disponible en PDF sur leurs site) qui permet d’y écrire les réglages du moulin en fonction de chaque cafés.

Tableau fourni pour y écrire le réglage du moulin pour chaque café

Je n’ai pas essayé les autres moulins à café manuel de même catégorie. Malgré tout, je vous recommande ce produit. Il respire la solidité, la précision, et est bien meilleur qu’un moulin électrique de moyenne gamme ou que mon moulin manuel premier prix à 45 $.

Les photos qui illustrent cet article sont issues du site officiel de Kinu : https://kinugrinders.com/



Mise a jour de l’article

Un petit soucis est apparu lorsque j’ai démonté intégralement le moulin. Heureusement il est facile de régler cela. Je donne plus de détails sur le problème rencontré ainsi que sur une solution simple qui permet de l’améliorer ici.

8 comments Add yours
  1. Merci pour cet article très très intéressant, pour ma part j’envisage l’achat d’une La Pavoni (mais je ne me suis pas encore fixé sur le modèle exact) et un moulin El Commandante dont mon torréfacteur (Terres de Café à Paris) me dit le plus grand bien (en plus le modèle avec le corp en bois est assorti avec le bois de la poignée de la La Pavoni)

    1. Bonjour Jeff, merci pour ton commentaire. Si tu veux un moulin manuel et que tu préfères le El Commandante au Kinu, pas d’inquiétudes, le El Commandante a une excellente réputation.
      L’une des seules choses qui ne m’a pas fait acheter le El Commandante est qu’il a un récipient avec un diamètre supérieur à 51mm (car le filtre d’une La Pavoni fait 51mm). De ce fait le transfert du café moulu est moins pratique car le récipient et le filtre ne s’emboîtent pas dans le bon sens.
      Comme tu parles d’un manche en bois pour la La Pavoni qui t’intéresse, tu envisages probablement d’acheter un modèle professionnel (une machine qui me fait rêver). Je ne sais pas si elle a un filtre de 58mm, car si tel est le cas tu n’auras pas le soucis que j’ai décrit.

      N’hésites pas à partager avec nous ton choix et ton ressenti 🙂

      Thomas.

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